Jean Rogissart est né à Braux (Ardennes) le 28 octobre 1894. De souche ardennaise, il n’a jamais voulu quitter les Ardennes et n’a vécu en dehors qu’à trois courtes reprises : en 1912 pour entrer à l’École Normale de la Seine, en 1940-1941 pour enseigner en Vendée lors de l’occupation allemande, et en 1954 pour participer à un voyage en U.R.S.S.
Instituteur, poète et romancier, il a consacré toute son œuvre aux Ardennes. Sa carrière d’instituteur commencée à Nouzonville (Ardennes) en 1914, en pays envahi, se poursuit jusqu’à sa retraite dans les communes rurales du nord du département. Il dirige l’école des garçons tandis que son épouse enseigne à ses côtés à l’école des filles. Le compte-rendu de Marcel Dardoise, inspecteur de l’enseignement primaire, montre quelle estime lui porte l’Éducation Nationale qui lui décerne le titre d’Officier de l’enseignement public.
Très tôt, il commence à écrire : ses premiers recueils sont des plaquettes de vers. La richesse linguistique de toute son œuvre n’est pas fortuite, à en juger ses recherches sur la langue, le style ou encore le patois ardennais. En 1925, il rencontre Jean-Paul Vaillant et fait partie du cercle des membres fondateurs de la Société des Écrivains Ardennais (SEA) dont il est presque sans interruption le trésorier. Il publie dans la revue La Grive de nombreuses études et nouvelles et tient la chronique littéraire sous la rubrique « Parmi les livres ». En 1937, les Cahiers ardennais éditent son deuxième roman Mervale qui obtient le prix Renaudot, ce qui l’incite à poursuivre son œuvre romanesque. Après de patientes études préliminaires, reconnaissances sur le terrain, enquêtes auprès des artisans, recherches dans les archives, il conclut : « Je vois que l’Ardenne est un champ inexploré et pratiquement exploitable du point de vue populiste ». Ses quinze romans lui valent de nombreux prix : prix du Roman Populiste, prix Eugène Le Roy, prix Sully-Olivier de Serres.
Durant la Deuxième Guerre mondiale, il est arrêté par la Gestapo sur dénonciation pour son engagement politique lors du Front populaire et détenu du 29 juillet au 12 août 1944 à la prison de la place Carnot à Charleville (Ardennes).
Membre de l’Académie des Provinces françaises, il y occupe le siège de l’Ardenne. Il est également membre de l’Ardenne à Paris. Parallèlement il collabore régulièrement à de nombreux journaux : le Journal des Instituteurs, L’Ardennais, La Grive, L’Automobilisme Ardennais, etc. En 1954, son engagement politique lui vaut d’être invité par l’association France-URSS à participer à un voyage en Union Soviétique dont il rapporte le récit De Paris à Samarcande.
En 1956, il est fait Chevalier de la Légion d’honneur. Il décède à Nouzonville le 11 septembre 1961 où il repose.
POESIE
–Intimité (1925)
–Au chant de la Grive et du Coq, illustré par Georges Delaw (1930)
–Aux Verts Fuseaux de la Semoy et de la Meuse, illustré par Émile Faynot, prix régionaliste de la Société des Poètes français (1934)
–Aux bruits des Chaînes et des Fers (1947)
ROMANS :
–Coline, le Meunier du Fays, illustré par Émile Faynot (1936): consulter des extraits sur Gallica
–Mervale (1937) : consulter des extraits sur Gallica
–La Cense aux Rougnes (1948)
–Ardennes (1954) : consulter des extraits sur Gallica
–Passantes d’octobre (1958)
-Les Mamert, dont :
L’orage de la Saint-Jean 1939-1943 (1959) : consulter des extraits sur Gallica
Cellule XIII (1961) : consulter des extraits sur Gallica
–Le Clos de noires présences (1961) : consulter des extraits sur Gallica
Le fonds provient d’un don de Marie Rogissart, épouse de l’écrivain en 1965. Le fonds s’est ensuite enrichi à plusieurs reprises. Il occupe matériellement 4,40 mètres linéaires et est conservé en sous-série 19J.
Le fonds est représentatif de l’ensemble des activités de Jean Rogissart et particulièrement de son œuvre littéraire. Il contient des poèmes, des contes mais surtout les différentes versions manuscrites de ses romans (collections des « Rustiques » et des « Mamert ») accompagnés de carnets de notes personnelles (notamment sur le patois ardennais) ou de références documentaires utilisées pour la rédaction de ses romans. Enfin, le fonds se complète d’un ensemble important d’ouvrages manuscrits reçus lorsque Jean Rogissart tenait la chronique littéraire de la revue La Grive.
Il est à signaler les articles 4J 23-24 du fonds Jean-Paul Vaillant qui concernent Jean Rogissart (coupures de presse, photographies, correspondance).
Un buste de l’auteur se trouve dans le jardin des Archives départementales des Ardennes